À travers le regard passionné de l’artiste landais Ydan Sarciat, le village de Saubusse s’offre une seconde jeunesse, un voyage chromatique qui nous transporte au cœur du siècle dernier. Ce travail de mémoire, mêlant restauration minutieuse et montage cinématographique, ne se contente pas de montrer le passé : il le réveille.
Le point de départ de cette œuvre est une collection de photographies anciennes et de cartes postales jaunies. Ces clichés, témoins d'une époque où le temps s’écoulait au rythme de l’Adour, ont été méticuleusement « corrigés » par Ydan Sarciat.
L’artiste ne se contente pas de coloriser ; il interprète la lumière. Là où le sépia aplatissait les reliefs, la main de l’artiste redonne :
* La profondeur de l’Adour : Des reflets argentés et bleutés qui rappellent l'importance vitale du fleuve.
* La chaleur de la pierre : Le grain des façades des maisons de maître et de l'église Saint-Jean-Baptiste retrouve sa blondeur landaise.
* La vie du quotidien : Le vert tendre des barthes et les teintes naturelles des costumes d’autrefois.
Un Village de Caractère : Scènes de Vie
Grâce à ce travail de restauration, les scènes figées sur le papier reprennent vie. On y redécouvre :
* Le Port de Saubusse : À l’époque où les galupes chargeaient les marchandises, l’activité y était incessante. La colorisation permet de mieux distinguer le labeur des hommes et la majesté des embarcations.
* Le Pont de Pierre : Véritable trait d’union architectural, il apparaît sous un jour nouveau, soulignant son élégance structurelle.
* Le Quotidien des Sibusates : Lavandières au bord de l'eau, paysans et attelages sur la place du village... La couleur humanise ces visages disparus, nous les rendant étrangement familiers.
Le point d'orgue de ce projet est le montage vidéo. En animant ces images fixes, Ydan Sarciat crée un pont entre les générations. Le film permet une immersion fluide :
* Transitions douces : On passe de l'archive brute à l'œuvre colorisée, révélant la magie de la transformation.
* Rythme nostalgique : La mise en mouvement des cartes postales donne l’impression de feuilleter un album de famille géant, où chaque plan raconte une anecdote locale.
« Coloriser le passé, ce n’est pas le dénaturer, c’est lui rendre sa réalité. Car nos ancêtres ne vivaient pas en noir et blanc. » — C'est ce que semble nous murmurer chaque image de ce film.
Par ce travail, l'artiste ne fait pas seulement œuvre d'esthète ; il se fait passeur d'histoire. Saubusse d'autrefois devient accessible aux plus jeunes et ravive les souvenirs des aînés. C’est un hommage vibrant à l'identité landaise, à la beauté de l’Adour et à la persistance du souvenir.